Alors que le chef de l’Etat s’exprime ce soir sur le plateau de TF1, l’idée que ses propos, et le cadrage opéré par les journalistes qui l’intervieweront puisse modifier notre jugement politique peut paraître trivial.
Et pourtant, penser que notre jugement politique est infaillible et qu’il n’a jamais, et ne sera jamais influencé par les médias semble aujourd’hui être une utopie. Des enquêtes, études et statistiques diverses prouvent les « pouvoirs » des médias sur la formation de nos opinions politique.
Insécurité trop médiatisée, voire mal médiatisée ?
Un exemple, parmi tant d’autres. Lors de l’élection présidentielle de 2002, un fort sentiment d’insécurité était ressenti par la population. Les évènements du 11 septembre 2001 n’étaient pas loin, mais ce sont surtout les médias qui ont mis en avant ces sujets d’insécurité. Pour preuve, entre février et mars 2002, on constate une augmentation de 122% des questions d’insécurité dans les médias, alors qu’à la même période, les services de sécurité n’observaient aucune hausse sensible des délits…
Le traitement du débat politique par les médias est-il en cause ?
On remarque un développement sans précédent des émissions d’infotainment : émissions mélangeant divertissement et politique où l’invité politique vient pour parler de sa biographie, de ses goûts, mais pas de ses idées. La peoplelisation de la vie politique constitue l’élément fondateur de ces émissions devenues majoritaires. Doit-on pour autant déplorer la déperdition de la qualité du débat démocratique ou espérer que cela peut permettre de réconcilier les citoyens lassés des débats politiques traditionnels avec la politique ?
Les médias véhiculent-ils une mauvaise image de la politique ?
Contrairement aux idées reçues sur le sujet, les médias ne sont pas responsables de l’image négative que la population peut avoir de ses élus. D. Gaxie explique que c’est la politique elle-même qui engendre les ressentiments à son égard, notamment à l’égard des élus nationaux perçus par beaucoup comme corrompus, avides de pouvoir alors que les élus locaux sont vus comme plus proches des citoyens.
Mais rassurez vous, les enquêtes sur le sujet montrent aussi que nous interprétons les messages médiatiques d’après notre héritage familial, culturel, et partisan, et que nous ne sommes donc pas tout à fait passifs face aux informations politiques véhiculées par les médias.Ouf.
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires


