Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 18:41

Alors que le chef de l’Etat s’exprime ce soir sur le plateau de TF1, l’idée que ses propos, et le cadrage opéré par les journalistes qui l’intervieweront puisse modifier notre jugement politique peut paraître trivial.

Et pourtant, penser que notre jugement politique est infaillible et qu’il n’a jamais, et ne sera jamais influencé par les médias semble aujourd’hui être une utopie. Des enquêtes, études et statistiques diverses prouvent les « pouvoirs » des médias sur la formation de nos opinions politique.

 

Insécurité trop médiatisée, voire mal médiatisée ?

Un exemple, parmi tant d’autres. Lors de l’élection présidentielle de 2002, un fort sentiment d’insécurité était ressenti par la population. Les évènements du 11 septembre 2001 n’étaient pas loin, mais ce sont surtout les médias qui ont mis en avant ces sujets d’insécurité. Pour preuve, entre février et mars 2002, on constate une augmentation de 122% des questions d’insécurité dans les médias, alors qu’à la même période, les services de sécurité n’observaient aucune hausse sensible des délits…

 

Le traitement du débat politique par les médias est-il en cause ?

On remarque un développement sans précédent des émissions d’infotainment : émissions mélangeant divertissement et politique où l’invité politique vient pour parler de sa biographie, de ses goûts, mais pas de ses idées. La peoplelisation de la vie politique constitue l’élément fondateur de ces émissions devenues majoritaires. Doit-on pour autant déplorer la déperdition de la qualité du débat démocratique ou espérer que cela peut permettre de réconcilier les citoyens lassés des débats politiques traditionnels avec la politique ?

 

Les médias véhiculent-ils une mauvaise image de la politique ?

Contrairement aux idées reçues sur le sujet, les médias ne sont pas responsables de l’image négative que la population peut avoir de ses élus. D. Gaxie explique que c’est la politique elle-même qui engendre les ressentiments à son égard, notamment à l’égard des élus nationaux perçus par beaucoup comme corrompus, avides de pouvoir alors que les élus locaux sont vus comme plus proches des citoyens.

 

Mais rassurez vous, les enquêtes sur le sujet montrent aussi que nous interprétons les messages médiatiques d’après notre héritage familial, culturel, et partisan, et que nous ne sommes donc pas tout à fait passifs face aux informations politiques véhiculées par les médias.Ouf.

Par Meliam - Publié dans : Médias - Communauté : Apprentis journalistes
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Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /Jan /2010 14:33
GI-militaire-haiti.jpg
Militaires américains à l'aéroport de Port-au-Prince (photo Lepoint.fr)

Après le séisme de mardi dernier qui a durement frappé Haïti, l’aide humanitaire internationale afflue sur l’archipel et tente de s’organiser pour ravitailler les survivants, et soigner les blessés.


Les Etats-Unis ont été les premiers à apporter leur aide aux haïtiens.

Premier donateur mondial avec 87 millions de dollars, et fort de leur 12 500 soldats mobilisés, les Etats-Unis contrôlent depuis la catastrophe l’aéroport de la capitale Port-au-Prince, principale destination de l’aide humanitaire.


Depuis quelques jours, des voix s’élèvent en France contre cette main mise. « J'espère que les choses seront précisées quant au rôle des Etats-Unis. Il s'agit d'aider Haïti, il ne s'agit pas d'occuper Haïti» rappelle  Alain Joyandet, secrétaire d’Etat à la Coopération. Des propos que Bernard Kouchner essaie de minimiser, les qualifiant de « petites querelles ». L’ambassadeur américain à Port-au-Prince Kenneth Merten répondait à ces critiques justifiant la présence américaine sur place « les soldats américains n’interviennent que dans le cas où ni la police haïtienne, ni les casques bleus ne peuvent assurer la sécurité ». Une confusion qui pourrait porter atteinte aux relations diplomatiques franco américaines, obligeant Nicolas Sarkozy à saluer « la mobilisation exceptionnelle d’Obama et de l’administration américaine».


L’engagement humanitaire européen n’a pas pris la même ampleur, et pour cause, puisque la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, ne s'est pas rendue sur place.

Par Meliam - Publié dans : Politique - Communauté : Apprentis journalistes
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Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /Jan /2010 10:57

 

 

interet-médias français


Le sondage paru hier dans le magazine La Croix révèle que les français font encore majoritairement confiance aux médias (71%), mais leur confiance s’effrite concernant l’indépendance des journalistes. En effet, les journalistes sont jugés sensibles aux pressions des partis politiques et du pouvoir (avec 66 % de réponses en ce sens, soit une augmentation de 5 points par rapport à l’an dernier) comme à celles de l’argent. Comment avoir confiance en un média lorsque les responsables de ses contenus sont jugés trop proches du pouvoir ou des groupes financiers ? Paradoxe, quand tu nous tiens…

 

 

Quel est le média préféré des français ?

 

La radio, championne de la confiance des français avec 60% de l’opinion (hausse de l’opinion des jeunes !), suivie de la presse écrite créditée de 55% de réponses favorables, et enfin la télévision n’obtient que 48% de confiance, soit une baisse de 12% depuis 1987. Une tendance assez stable pour l’ordre de ce trio depuis une dizaine d’année, avec l’émergence d’un petit nouveau qui rafle de plus en plus la confiance du public : Internet obtient 35% d’opinion favorable contre 23% il y a 5 ans.

Ainsi donc, on préfère allumer la radio ou lire un journal, et de plus en plus se connecter sur la toile.

 

Avec quel média le public s’informe-t-il le plus de l’actualité nationale et internationale ?

 

Surprise, la télévision est le média par lequel les français s’informent le plus, avec 80% de l’opinion. Ce sont surtout les catégories sociales populaires qui choisissent le petit écran à 90%, contre 60% des cadres.

Pourtant, les français réclament plus de sérieux, et désapprouvent l’emballement médiatique survenu lors du décès de Mickael Jackson ou des problèmes de santé de Johnny Hallyday. En revanche, le public aurait préféré une plus grande couverture médiatique sur le sommet de la FAO sur la faim dans le monde ou la possible légalisation des mères porteuses. Moins de people, plus de politique étrangère et de bioéthique ? Il serait surprenant que les ventes augmentent avec ce type de sujets…

 

Quels médias pour l’avenir ?

 

Dans 10 ans, les français prédisent un avenir radieux à Internet puisqu’ils sont 77% à penser qu’on l’utilisera davantage, mais un avenir très sombre à la presse écrite. Ainsi, 60% des français imaginent qu’on lira moins les journaux d’ici la prochaine décennie.

 

Pour résumer, les français veulent plus de sujets sérieux, qu’ils écouteront à la radio ou regarderont en surfant sur le web, tout en faisant moins confiance aux journalistes, bien qu’ils consomment aujourd’hui beaucoup la télévision et s’intéressent davantage aux sujets people (d’après les ventes de la presse et des audiences audiovisuelles).

 

L’attitude des français envers les médias restera donc encore un mystère.

 

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Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /Jan /2010 17:28

 

camus.jpg

     Le 19 novembre 2009, le quotidien Le monde affirme que le président Nicolas Sarkozy   envisage de faire transférer les restes d'Albert Camus au Panthéon, un demi siècle après sa disparition.

Mais à quel titre cet honneur ? Celui d’écrivain, de dramaturge, d'essayiste, philosophe, intellectuel français reconnu internationalement ? Et pourquoi pas au titre de son engagement dans le journalisme ?

 

     Le célèbre romancier né en Algérie, travaille à « l’Alger républicain » de 1938 à 1940 où il se forme au métier de journaliste : Il écrit des faits divers aux éditoriaux en passant par les critiques littéraires et les grands reportages. Les idées du fondateur du journal Pascal Pia séduisent le jeune Camus : ne plus maintenir un peuple en tutelle sur sa propre terre, travailler à salaire égal, que l’on soit Arabe ou Européen, et surtout que l'enfant arabe ait droit à l'école et ses parents aux lois sociales. Cependant ses articles ne seront pas au goût du pouvoir politique. Ainsi, le Gouvernement Général trouve insupportable le style de Camus. Suite à une série d'articles intitulés « Misère en Kabylie », la censure entraîne l'exclusion de Camus du journalisme algérois. Camus monte alors à Paris.

Après un brève passage au magazine Paris soir, Camus devient rédacteur en chef du magazine Combat, journal clandestin et résistant, en 1942. Il est étonnant de constater que ce journal est le seul à dénoncer les bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki.

 

     A la fin de la guerre, il se fixe pour but d'assainir la presse dont il fustige la "futilité des informateurs". Il préconise une charte de la presse dont la missio, est selon lui « d’Informer bien au lieu d'informer vite, préciser le sens de chaque nouvelle par un commentaire approprié, instaurer un journalisme critique et en toutes choses, ne pas admettre que la politique l'emporte sur la morale ni que celle-ci tombe dans le moralisme."

Puis, en 1955, Albert Camus renoue avec le journalisme puisqu’il entre à la rédaction de l'Express où il écrit des chroniques sur la crise algérienne. Il démissionne en 1956 en raison de désaccords avec le directeur Jean-Jacques Servan-Schreiber sur cette question.

     Prix nobel de littérature en 1957, Camus considérait son métier de journaliste comme aussi noble que celui de romancier ou d'auteur dramatique.

Il meurt tragiquement en 1960 dans un accident de voiture.

 

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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 16:55

Identité internationale : Européenne

Identité mondiale : Terrienne

Identité locale : Banlieusarde.

Un débat pour chaque identité ? C’est Eric Besson qui va avoir  du boulot....



    "Allons enfants de la patrie …". Patrie. Nation. Identité. 3 mots pour un débat qui fait grincer des dents et brandir les drapeaux tricolores. Rechercherait-on une identité nationale exacerbée comme c’est le cas aux Etats-Unis, histoire de réunir sous le même drapeau, hymne et le même rêve de réussite des individus imprégnés d’une histoire, culture, origine et langue différente ? L’opportunité de mettre de côté le communautariste pour le remplacer par le nationalisme ? Mais la France, ce n’est pas les Etats-Unis. Pas de drapeaux français accrochés aux fenêtres, pas d’hymne national chanté à tue tête par tous les écoliers chaque matin, et pas de rêve typiquement français de réussite, tel l’ « American dream ».

 

    Alors pourquoi une telle frénésie identitaire ? Pour quels objectifs (autre qu’électoralistes) ?

L’identité française des années 50 est différente de celle de l’an 2000. En effet elle évolue, en fonction des flux migratoires, des transformations géopolitiques et historiques. La France n’est plus un Empire, le français n’est plus l’une des principales langues parlées au monde, et son histoire n’est plus aussi reluisante  qu’on a bien voulu nous le faire croire (Bonapartisme meurtrier, la page sur l’esclavagisme longtemps oubliée, colonialisme générant humiliations et discriminations, rôle critique du gouvernement de Vichy, utilisation de la torture dans la Guerre d’Algérie…).

 

    Serait-ce à cause de ces «auto-flagellations» dénoncées par Sarkozy dans son discours en  2007 : "Nous n’avons pas à rougir de l’Histoire de France", que le gouvernement lance ainsi ce grand débat ? Y a-t-il une fierté à être Français ?

La plupart du temps, on ne l’a pas choisi. Ce n’est pas l’attrait de la culture française ni l’envie de voir la Tour Eiffel qui a poussé les individus à s’installer en France (quelque soit le moment où ceux-ci sont arrivés -il y a 3 siècles, ou une dizaine d’années-), mais des raisons économiques et/ou familiales. Alors doit-on se sentir fier d’un élément de notre identité que l’on a pas choisi de notre plein gré ? Doit-on se sentir plus fier d’être Français, Tchèque, Vietnamien, Argentin, Européen, Humain ?

 

   Pour ma part, je me sens fière d’essayer de réfléchir.


Par Meliam - Publié dans : Billets d'humeur - Communauté : Apprentis journalistes
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